Un voyage vers soi
Parmi les différentes approches du travail respiratoire, la Respiration Holotropique occupe une place particulière.
Développée par le psychiatre Stanislav Grof et son épouse Christina Grof, cette approche est née de leurs recherches sur les états élargis de conscience et de leur expérience du travail psychédélique. Les Grof ont développé le Holotropic Breathwork comme une voie non pharmacologique d’exploration de ces états de conscience. (The Institute for Holotropics / GTT)
C’est une approche puissante de l’exploration de soi et de la guérison qui intègre des enseignements issus de la recherche moderne sur la conscience, de l’anthropologie, de diverses psychologies profondes, de la psychologie transpersonnelle, des pratiques spirituelles orientales et des traditions mystiques du monde.
Le nom Holotrope signifie littéralement « se déplacer vers la plénitude » (du grec « holos » = tout et « trepein » = se déplacer dans la direction de quelque chose).
Il ne s’agit pas ici de chercher à devenir quelqu’un d’autre.
Il s’agit plutôt de permettre à différentes dimensions de soi — corporelles, émotionnelles, psychiques, symboliques et, pour certaines personnes, spirituelles — de pouvoir se rencontrer.
Une respiration qui ouvre un espace de conscience
Dans la Respiration Holotropique, la respiration est volontairement plus ample et plus soutenue. Elle est associée à une musique soigneusement choisie et à un cadre permettant à la personne de s’allonger, les yeux fermés, et de laisser son expérience intérieure se déployer.
L’objectif n’est pas de provoquer une expérience particulière.
Il n’est pas non plus de chercher à interpréter ce qui se passe.
Dans la perspective de Grof, la personne est considérée comme possédant en elle une forme de sagesse ou d’intelligence intérieure capable d’orienter son propre processus. Le rôle de l’accompagnement est alors moins de diriger que de soutenir et de créer les conditions permettant à l’expérience de se déployer. (The Institute for Holotropics / GTT)
C’est une différence fondamentale. Personne ne vous dit où aller. Ni ce que vous devez resssentir !
Vous êtes accompagné-e dans un espace où quelque chose peut émerger de vous !
Quand la respiration devient un état de conscience élargi
Une des particularités de l’approche holotropique est qu’elle peut conduire à un état modifié ou élargi de conscience.
Dans cet état, l’expérience peut prendre des formes très différentes.
Certaines personnes peuvent rencontrer des souvenirs autobiographiques, des émotions profondes ou des sensations corporelles inhabituelles.
D’autres peuvent vivre des images symboliques, des expériences archétypales ou des dimensions qu’elles décrivent comme spirituelles ou transpersonnelles.
Dans la cartographie de la psyché développée par Stanislav Grof, l’expérience humaine ne se limite en effet pas à la seule dimension biographique. Son modèle inclut également des dimensions périnatales et transpersonnelles (The Institute for Holotropics / GTT) – Dimensions développées un peu plus loin !
Il est important de préciser que ces expériences appartiennent au cadre théorique et phénoménologique de l’approche de Grof. Elles ne doivent pas être considérées comme des vérités universelles ou comme des résultats garantis.
Ce qui compte avant tout, c’est ce que l’expérience représente pour la personne qui la vit.
Le corps comme guide
C’est probablement l’un des aspects qui me touchent le plus dans cette approche.
Nous avons souvent tendance à penser notre corps depuis notre tête.
Nous l’observons.
Nous l’analysons.
Nous cherchons à comprendre ce qu’il nous dit.
La Respiration Holotropique propose parfois une autre relation au corps : laisser le corps participer au processus.
Une tension peut apparaître.
Une impulsion de mouvement.
Un tremblement.
Une sensation.
Une émotion.
Un besoin d’expirer profondément.
Plutôt que de chercher immédiatement à expliquer, on peut apprendre à rester présent.
À écouter.
À laisser l’expérience se déployer.
Cette manière d’entrer en relation avec le corps rejoint profondément mon approche psychocorporelle.
